choux gras

Choux Gras #2

Toutes les 4 semaines, cet espace est dédié à l’expression des adhérents !
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Retrouvez les événements à venir sur la Feuille de Chou de mars/avril :
Feuille de chou #55

Retour sur la semaine de lutte internationale pour les droits des femmes


Au fond, c’est pas si grave – Cie de l’Une à l’Autre (8 mars 2024)

photo : Didier Marien

Le billet de Ghislaine Sarrere, spectatrice avisée !

Les spectacles se suivent et ne se ressemblent pas ! Celui-là encore est édifiant de réalité.

La femme dans tous ses états, la femme comme elle se voit, comme on la voit, comme elle veut qu’on la voie, la femme qui doit séduire pour vivre, celle qui veut séduire, celle qui a séduit. On assiste à tous les portraits de la femme à tous les âges, pendant ces derniers siècles, celle qu’on a façonnée dès sa tendre enfance, celle qui veut se faire, celle qu’elle est devenue. Elle doit se plier aux codes du moment, codes de bienséance exigés par l’homme, exigence de beauté mais aussi de soumission. Alors dès sa jeunesse, elle se travaille pour être belle et désirable pour attirer l’homme : sourires, positions, vêtements, maquillage, sport pour coller aux formes des codes. Elle cherche l’homme parfait selon les critères de son époque. Mais il faut subir le diktat masculin des habitudes et ne rien dire, accepter d’être dévalorisée, de se faire moquer, tromper, de sentir la main baladeuse. « Ce n’est pas si grave ». Et puis petit-à-petit, au fil du temps et l’évolution faisant, elle se rebelle, seule ou en groupe, pour échapper à cette chape de plomb sur elle, pour vivre SA vie, s’émanciper et prendre sa revanche. Mais le combat est difficile, parfois elle abandonne.

Dans cette histoire, l’homme n’a pas le bon rôle : séducteur à la vue de la moindre jeunette, attiré par les apparences, considérant la femme-objet de ses envies, tout puissant, rabaissant la femme, sans aucune reconnaissance de ses mérites, et parfois vivant sans la voir. C’est le constat de la femme qui rêve de la vie amoureuse et heureuse que la société lui promet, et dont la réalité n’est souvent qu’une illusion. Cela dit, cela permet de mettre en perspective ce que la femme éprouve lorsqu’elle se confronte à cette réalité.

Au niveau de l’utilisation du langage dans ce spectacle, un innombrable vocabulaire a été recherché et déroulé pour exprimer les sentiments et les ressentis, de la séduction à la colère. C’est une sacré travail littéraire. J’ai bien aimé le jeu des 2 actrices, différentes pour s’adapter aux exemples à faire vivre, leurs mimiques, les contradictions comiques des situations, et leur imitation parfaite de poules. C’est très surprenant au départ, on se demande ce qu’elles cherchent avec leur grand sourire, et si toute la pièce ne sera que des caquètements. Sur le ton de l’humour, avec le trait un peu forcé parfois qui provoque le rire, elles ont très bien fait comprendre ce que la femme a dû et doit encore supporter, et le temps qu’il faut pour faire évoluer l’éducation et changer les mentalités. Certaines d’entre nous se souviennent surement de ces années qui ne sont pas si lointaines, et en vérité pas encore tout-à-fait passées…

Amicalement,

Ghislaine

Persepolis, de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud

Séance suivie d’un débat, proposée par les Ambassadeurs culture du lycée Blaise Pascal et l’association Ferdowsi

Les retours des participants à cette soirée de débat intergénérationnel, recueillis par Alexandra Lohkov, des Ambassadeurs Culture :

Laure Smagghe : J’ai beau avoir vu le film plusieurs fois, je remarque à chaque fois de nouveaux détails. L’échange qui a suivi la projection était très intéressant. Grâce aux membres de l’association Ferdowsi, le public a pu réfléchir à la situation en Iran : du sort des Iraniens soumis à la dictature au sort des femmes soumises à des lois érigées au nom de la religion en passant par le sort de nombreux opposants. La situation actuelle n’en a eu que plus de portée. Félicitations aux élèves ambassadeurs culture qui ont osé prendre la parole et expliqué ce qu’était leur mission et la genèse du projet « Persepolis ».

Isabelle Clément : Personnellement, j’ai beaucoup aimé vous rencontrer pour la préparation de cette soirée, c’était un bol d’air pur ! C’est tellement rare d’organiser des événements intergénérationnels, et heureusement que la culture reste un domaine où c’est possible. Le débat a été très intéressant. Les lycéens sont beaucoup intervenus  avec sincérité et curiosité. L’histoire actuelle de l’Iran est très douloureuse et plus précisément la condition des femmes qui sont humiliées en permanence dans leur vie quotidienne et depuis l’école primaire. Je pense que le film Persepolis était un bon choix pour représenter la journée des droits des femmes. Je soutiens de tout cœur Mme Smagghe pour faciliter et encourager ce type d’évènements, et la remercie ainsi qu’Alexandra, Ange et tous les lycéens ambassadeurs de la culture pour cette très belle soirée.

Ali Mohammad-Djafari : Merci Alexandra pour l’idée et le choix du film. En effet, ce film retrace la vie de beaucoup d’Iraniens qui sont arrivés en France dans les dernières années de l’époque du Chah (dynastie Pahlavi). Comme je l’ai dit après la projection du film, c’est mon cas. J’étais étudiant dans les années 1971-1975 et effectivement, j’ai vécu la dictature du Chah, mais il aimait son pays et voulait du développement, mais il est comme tous les dictateurs : il était pris dans son propre piège. Ensuite, les Anglais, les Américains et la France l’ont relâché et ont poussé Khomeini, et ont mis en place cette fois un régime dictatorial religieux, cent fois pire en 1979. Ensuite, comme bien tracé dans ce film, 8 années de guerre de l’Irak contre l’Iran, a consolidé ce régime religieux qui a persécuté et tué des centaines de
milliers de personnes.
Aujourd’hui, la jeunesse iranienne se révolte contre ce régime. Les femmes sont sur le front de la lutte et le mouvement « Femme, Vie, Liberté » vaincra. En tous cas, c’est notre espoir et espérons que la France soit en soutien pour ce mouvement. « Zan, Zendegi, Azadi ».
Bien sûr, il y a bien d’autres aspects dans ce film de Marjane Satrapi: la position des femmes dans la culture iranienne, les rôles des différents mouvements politique et social, le poids de la religion, la révolte de la jeunesse, le soif de la liberté, le choc des cultures Occident-Orient, la place de la culture française en Iran, …

Un bilan très positif pour cette semaine culturelle autour de l’égalité homme-femme

Spectacle Ni Prince ni Princesse, Cie de l’Une à l’Autre – photo Étienne Charron

Du 1er mars au 8 mars, La MJC Jacques Tati s’est mobilisée pour les droits des femmes !

La MJC Jacques Tati  travaille depuis longtemps sur le sujet, à travers diverses actions. Cette année la MJC a organisé une semaine à l’occasion de la Journée Internationale des droits des femmes avec des spectacles suivis d’échanges avec le public .

Vendredi 1er mars – Les Divalala – c’est lalamour

Les Divalala, avec leur nouveau spectacle « C’est Lalamour », ont enchanté la MJC Jacques Tati  Les Divalala c’est la chanson d’amour sous toutes ses coutures, de la plus culte à la plus kitsch, par trois jeunes femmes exceptionnelles au tempérament volcanique, qui ont interprété a capella tout un répertoire éclectique signé Elsa, Alain Chamfort, Claude Nougaro, Serge Gainsbourg, Michel Sardou mais aussi Demis Roussos, Cora Vaucaire, Hervé Vilard, ou encore Alain Bashung…elles ont revisité les grands standards de la variété française et nous ont emportés dans des medleys musicaux tout aussi audacieux les uns que les autres : chanteurs et chanteuses se bousculent au portillon de ces glottes irrésistibles ! Les très talentueuses Divalala ont offert un spectacle riche, généreux, précis et drôle. De classiques en découvertes, dans des arrangements toujours aussi fins et parfaitement exécutés, la chanson à son meilleur !

Mercredi 6 et jeudi 7 mars – Ni prince ni princesse

La Cie de l’Une à l’Autre nous a proposé Ni prince Ni princesse, un spectacle jeune public et familial pour en finir avec les préjugés ! Un spectacle pour remettre en cause les idées reçues et les stéréotypes sur les garçons et les filles. Les deux comédiennes ont proposé pendant deux jours, avec quatre séances (Une tout public et trois scolaires) une relecture de certains ouvrages les plus éclairés de la littérature jeunesse. Un spectacle drôle et frais porté par des actrices inventives pour conscientiser les injonctions que porte souvent la littérature jeunesse, dès le plus jeune âge !

Vendredi 8 mars – Au fond c’est pas si grave

Pour clôturer la semaine de lutte internationale pour les droit des femmes, la Cie de l’Une à l’Autre nous a proposé leur spectacle « Au fond c’est pas si grave ». Deux femmes en noir sur un plateau dénudé. Elles ont toutes les deux une faim énorme, une envie de vivre et de crier leur féminité. L’occasion pour le spectateur masculin de découvrir des sentiments peut-être insoupçonnés de la gent féminine et d’en rire avec elles. En effet l’évolution de la condition féminine est très bien vue, avec justesse, humour et émotion par 2 « poules » talentueuses aux mimiques parfois exagérées : un two women show vraiment original et plaisant où toutes les femmes se reconnaissent à un moment donné.

Fréquentation sur le semaine : 620 entrées sur une jauge de 717 entrées soit 86,50%